La revue "Arts"

Quand les Hussards rencontrent l'Histoire

Arts. La culture de la provocation 1952-1966

Henri Blondet - Éditeur : Tallandier

Résumé : Les années 1950 vues au kaléidoscope de la revue "Arts".

par David VALENCE

Le dynamisme de la presse périodique et des magazines dans la France des années 1950 est un phénomène bien connu : « la presse qui gagne [dans ce contexte] est une presse non partisane –au moins en apparence-, dirigée par des professionnels aguerris qui savent s'adresser au public populaire   ». Le magazine Arts participe de cette évolution. Sous-titré « beaux-arts, littérature, spectacle », il est créé au lendemain de la Libération par Georges Wildenstein, qui a dirigé Beaux-Arts, entre 1924 et 1940. Arts ne devait toutefois se faire mieux connaître que dans les années 1950, au moment où Louis Pauwels, puis Jacques Laurent et André Parinaud en dirigèrent la rédaction. Les 83 articles sélectionnés par Henri Blondet pour cette publication aux éditions Tallandier sont datés de 1952 à 1966, date de la disparition de la revue. Plus de la moitié (42) furent cependant écrits en 1957, 1958 ou 1959. Ils donnent la tonalité d'un magazine dont le nom évoque immanquablement les fifties.

La revue des Hussards ?

De la revue Arts, à laquelle il collabora régulièrement à partir de 1958, le critique Mathieu Galey écrivit un jour que les membres –hors lui- en étaient « tous plus ou moins issus de l'Action française   ». Jacques Laurent dirigea en effet cette publication dans les années 1950 et Michel Déon y collabora épisodiquement. Or nul n'ignorait, dans les années 1950, que la jeunesse politique de ces deux auteurs s'était dorée au soleil maurrassien. De là à faire d'Arts la revue emblématique des « Hussards », cette génération d'écrivains souvent marqués à droite et bataillant contre la littérature engagée qu'incarnait pour eux Sartre, il est un pas que les spécialistes d'histoire culturelle se garderont de franchir  . A raison ! Plus qu'à Arts, c'est à La Parisienne, mensuel littéraire fondé en janvier 1953 par Jacques Laurent et André Parinaud, qu'il revint de porter bien haut l'étendard des Hussards dans la bataille intentée aux Temps modernes et à leur directeur

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