Le procès du roman réaliste par André Breton

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André Breton
rend d'abord hommage à l'imagination, encouragée chez les enfants mais proscrite chez les adultes. il déplore qu"elle soit contrainte, limitée par les besoins impérieux de la nécessité matérielle, de la morale et de l'ordre social. Pour Breton, "la plus grande liberté d'esprit nous est laissée" et il ne faut pas "réduire l'imagination à l'esclavage", car elle rend compte "de ce qui peut être."


Breton fait le procès du "roman réaliste" qui cultive le goût du détail "chacun y va de sa petite observation" et qui se complaît dans des descriptions " rien n'est plus comparable au néant que celle-ci" et de reprendre cet exemple de Paul Valéry qui refusait d'écrire "la marquise sortit à cinq heures"

Il refuse l'analyse psychologique et la logique des sentiments "simple partie d'échecs dont je me désintéresse". Il faut au contraire réhabiliter en littérature le merveilleux car " le merveilleux est toujours beau [...] il n'y a que le merveilleux qui soit beau."

Lecteur de Freud (le rêve et son interprétation, 1900), Breton considère le rêve comme le lieu privilégié de la vie psychique inconsciente et on ne peut pas nier son importance. Rêve et réalité sont deux instances complémentaires : "Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, la surréalité [...] c'est à sa conquête que je vais"

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Il revendique la liberté de l'homme et de toutes choses "l'homme propose et dispose : il ne tient qu'à lui de s'appartenir tout entier, c'est-à-dire de maintenir à l'état anarchique la bande chaque jour plus redoutable de ses désirs"
Il raconte que c'est fortuitement qu'il a découvert un nouveau mode d'expression. Dans l'état intermédiaire entre la veille et le sommeil, une phase en apparence énigmatique et à laquelle généralement on ne prête guère attention, une phrase, sortie de nulle part s'imposa à lui : "Il y a un homme coupé en deux par la fenêtre."le principe de l'écriture automatique", sans contrôle de la raison venait de naître.

André Breton donne la définition du surréalisme.
Dés lors, les écrivains seront "les sourds réceptacles des échos" de l'inconscient, "des appareils enregistreurs"; il donne une sorte de "mode d'emploi" pour écrire automatiquement et il reproduit un exemple de conversation surréaliste, qui est en fait constituée de deux soliloques, chacun des deux interlocuteurs ne cherchant pas "à en imposer le moins du monde à son voisin."
" Quel âge avez-vous ?
- Vous"
" Comment vous appelez-vous ?
- Quarante-cinq maisons."
Les images surréalistes "s'offrent à lui, spontanément, despotiquement. il ne peut les congédier ; car la volonté n'a plus de force et ne gouverne plus les facultés" et il donne des exemples de phrases de Reverdy qui ne peuvent résulter "du moindre degré de préméditation" : "Dans le ruisseau il y a une chanson qui coule / le jour s'est déplié comme une nappe blanche / le monde rentre dans un sac."

Les collages sont un moyen surréaliste particulièrement intéressant, ils permettent "d'obtenir de certaines associations, la soudaineté désirable" et Breton précise qu' "il est permis d'appeler poème ce qu'on obtient par l'assemblage aussi gratuit que possible (observons si vous voulez la syntaxe), de titres et des fragments de titres découpés dans les journaux"

Le surréalisme se veut profondément " non-conformiste" et Breton pense qu'il faudra trouver encore et exploiter d'autres moyens d'expression.

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