La tentation de vivre et le devoir d'être heureux d'André Gide

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L'écrivain français André Gide se voit décerner le prix Nobel de littérature le 13 novembre 1947.
L'auteur des Nourritures terrestres est le 7ème écrivain français à le recevoir depuis le création du prix.

Il est considéré comme un écrivain majeur du XXe siècle, "'un contemporain capital", selon les termes d'André Malraux

Gide, quel meilleur témoin de sa vie que lui-même, que ce soit à travers sa propre autobiographie, "Si le grain ne meurt", écrit au mitan de son existence, ou son journal qu'il entame en 1887 - il a dix-huit ans - et qu'il poursuit jusqu'en 1950. Quant à sa correspondance, elle est énorme, avec sa mère, Marc Allégret son grand amour, Léon Blum, Paul Claudel avec qui il se fâchera à propos des "Caves du Vatican", Claudel lui reprochant sa vie dissolue, Jacques Copeau, Henry Jammes, Valéry Larbaud, Jean Paulhan, Paul Valéry… pour ne citer que ceux-là.

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1912 est l'année de l'une des plus célèbres bourdes de l'histoire de l'édition quand Gide, lecteur à la NRF, refuse Du côté de chez Swann, en raison du snobisme de son auteur. Il s'en repentira deux ans plus tard, dans un courrier adressé à Proust : « Le refus de ce livre restera la plus grave erreur de la NRF, et (car j’ai cette honte d’en être beaucoup responsable) l’un des regrets, des remords, les plus cuisants de ma vie. » Le brouillon de cette lettre révèle une autre raison, peu glorieuse, à la décision de Gide : ouvrant le livre au hasard, il était tombé sur une métaphore qui lui avait semblé dépourvue de sens (les célèbres vertèbres frontales de la tante Léonie).

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il se lie d'amitié avec son condisciple Pierre Louÿs le futur auteur des "Chansons de Bilitis". Ils formeront pendant huit ans, "un tandem inséparable". C'est Louÿs qui l'ouvre au contact du monde littéraire, qui lui "donna confiance dans ses capacités d'écrivain" lors de la réalisation des "Cahiers d'André Walter". C'est lui qui le met en contact avec Paul Valéry. Ils se rencontrent à la mi-décembre 1890 à Montpellier où Gide est venu passer les fêtes de Noël chez l'oncle Charles. Née une amitié que seule la mort de Valéry interrompra.

On ne peut aborder une "Vie" de Gide sans évoquer une homosexualité qui fut aussi bien le moteur de sa sexualité "vertigineuse et débordante" que d'une partie de son œuvre littéraire.

"Toute sa vie il aimerait les garçons, et il les aimerait sans retenue, d'un désir insatiable et toujours recommencé", écrit Frank Lestringant. Son mariage non consommé avec sa cousine Madeleine n'y survivra pas Mais Gide n'est pas juste un jouisseur. Sa passion est avant tout l'écriture. Il réfléchit déjà à l'idée d'une revue littéraire. A l'automne 1908 paraît le premier numéro de la Nouvelle Revue française. Le contenu, "une démolition posthume de Mallarmé".

gide5.jpgLivre-recueil réédité en 2011

Gide, mort il y a soixante ans est mésestimé. Comparé à d’autres écrivains importants du XXe siècle surgissant régulièrement dans l’actualité éditoriale, Proust, Céline et Simenon, bien sûr, mais aussi Malraux, Giono, Cendrars, Camus, Sartre, Queneau, Duras, voire même Mauriac, Bernanos ou Cocteau, cette figure littéraire centrale de la première moitié du siècle, d’ailleurs surnommé «le contemporain capital», semble quelque peu mésestimé. Ou à tout le moins peu lu. Et pourtant…

  "Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n’y projetait déjà une histoire."

Les nourritures terrestres


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