Les irrésistibles réalisme et naturalisme de Lewis face à une Amérique consumériste

Sinclair Lewis fut appelé «la conscience de sa génération» par des satiriques américains à cause des représentations des mœurs culturelles d'un certain provincialisme sensibles à l'intégrisme religieux. Au cours de la "speakeasy" décennie des années 1920, l'Amérique était «coming of age», l'élaboration d'une identité qui a été prise entre les valeurs à l'ancienne des pères immigrants et les progressistes matérialistes de la jeune génération. Lewis a abordé des thèmes qui avaient été réprimés dans les romans, tels que le féminisme , le racisme et le fascisme. Il a ironisé sur la sacro-sainte institution du capitalisme. Comme Theodore Dreiser et HL Mencken, il a parfois scandalisé une nation, mais en dernière analyse, il a réussi dans ses critiques sociales, parce qu'il croyait dans le caractère et le cœur de l'Amérique ainsi que dans sa capacité à changer.

En 1930, il est devenu le premier Américain à remporter le prix Nobel de littérature pour son "art puissant et vif de la description et la possibilité d'utiliser l'esprit et de l'humour dans la création de personnages originaux." Le discours prononcé à cette occasion ‘The American Fear of Literature’ fait scandale aux Etats-Unis, parce qu'il rappelle les appels au lynchage dont il a été victime et où il dénonce l'intolérance de son pays à l'égard des écrivains qui ne glorifient pas la «simplicité bucolique et puritaine de l'Oncle Sam» et l'individu américain, «grand, beau, riche, honnête et bon golfeur»..Le but de Lewis était d'écrire des «romans réalistes qui étaient véridiques » en s'appliquant à repousser de manière radicale ses détracteurs. Ce faisant, il s'est appliqué à mettre en évidence dans ses écrits tous les espoirs, les rêves et les insuffisances criantes de la jeune nation américaine.

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Mon véritable voyage a été assis dans les voitures fumeurs Pullman, dans un village du Minnesota, dans une ferme du Vermont, dans un hôtel de Kansas City ou Savannah, en écoutant le bourdonnement quotidien normal de ce que sont pour moi les personnes les plus fascinantes et exotiques dans le monde - les citoyens ordinaires des Etats-Unis, avec leur gentillesse envers les étrangers et leur taquineries rugueuse, leur passion pour le progrès matériel et leur timide idéalisme, leur intérêt dans le monde entier et leur provincialisme vantard - toute la complexité qui fait qu'un romancier américain se sente le privilège d'y trouver quelque chose.

Sinclair Lewis

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Moins cité que le reste de ses acolytes de la génération perdue, Sinclair Lewis, alors qu'il a à peine 7 ans, compulse les nombreux livres de la bibliothèque de son père qui lui servent d’échappatoire au décès de sa mère, il se met à écrire, tient son journal. A l’université de Yale, il contribue au Yale Literary Magazine et rencontre Jack London. Diplômé en 1908, il travaille pour des maisons d’édition et des magazines avant de publier son premier roman, ‘Hike and the Aeroplane’ (1912), sous le pseudonyme de Tom Graham, suivi de ‘Our Mr. Wrenn’ en 1914, l’année de son mariage. En 1916, il décide de se consacrer uniquement à l’écriture et part en voyage à travers le pays avec sa femme. En 1920 sort ‘Main Street’, lauréat du prix Pulitzer - qui ira finalement à Edith Wharton - suivi en 1922 de ‘Babbitt’, portrait d’un businessman sans scrupules, qui passe à nouveau à côté du Pulitzer - au profit de Willa Cather. Quand le prix lui est attribué en 1925 pour ‘Arrowsmith’, portrait d’un médecin idéaliste, il le refuse, tout en dédiant son livre à Wharton qu’il admire. ‘Elmer Gantry’ (1927), histoire d’un pasteur charlatan, est frappé d’interdiction, comme plusieurs de ses romans, avant de paraître.. Critique de son temps, Sinclair Lewis s’attaque aux préoccupations religieuses et mercantiles de la bourgeoisie. sinclair-lewis3jpg.jpg
Sinclair Lewis n’étudie pas la conscience des gens. Il les soumet à leur environnement. Il les représente face à leurs engagements et leurs responsabilités. Il n’y a pas un modèle d’homme particulier. Le personnage qu’il décrit est le type de tous les jours, l’homme ordinaire face à son avenir, à son bonheur qui, dans l’Amérique des années 20 et à la limite aujourd’hui encore en dépit des efforts d’humanisation de la société, veut dire le confort.

Sinclair Lewis reste un géant de la littérature américaine, au milieu d’une série d’écrivains modernes et expérimentaux majeurs dont les plus connus se situent à l’époque comprise entre 1930 et la fin du XXe siècle – symbolisant la crise économique qui avait anéanti l’économie américaine et qui instaurait une nouvelle ère de la littérature américaine, celle de l’épanouissement de l’individu, avec des écrivains comme Toni Morisson, Prix Nobel de Littérature 1993, Tennessee Williams, l’une des personnalités les plus complexes de la scène littéraire américaine du milieu du XXe siècle – ou l’époque du modernisme américain avec des écrivains comme Ernest Heminguay considéré alors comme le porte-parole de cette génération, ou William Faulkner auteur de « Absalon ! Absalon ! (1936)

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Avec Babbitt, publié en 1922, Lewis devient le chef de file du roman réaliste américain, et ce roman est lui aussi un classique immédiatement reconnu comme tel. Il met en scène George F. Babbitt, agent immobilier prospère, pilier de la chambre de commerce de la ville de Zenith, obsédé par les valeurs matérielles, et pourtant frustré par son existence centrée sur l'argent et la consommation. Comme dans Main Street, l'action se situe dans l'État américain imaginaire du Winnemac. Le roman, satirique, présente le premier portrait de l'Amérique des années 1920, obsédée par la spéculation foncière et l'acquisition d'objets de consommation, devenus abordables, comme les automobiles ou les réfrigérateurs. Cette classe moyenne en voie d'embourgeoisement ignore complètement l'art et la littérature. La force du roman réside, non dans son contenu dramatique, mais dans la contexture de l’histoire. Avec un thème actuel, celui de la quête de richesse, Sinclair Lewis, tout en photographiant un cas typique de société en contradiction avec l’essence humaine, remet en cause l’utopie de l’homme moderne. Les derniers chapitres renvoient à ce fameux aphorisme : « Ecoute toi, écoute ton rêve ! Pars à la conquête du monde !

Les principales oeuvres de la "Génération perdue " sont Gatsby le magnifique de F.- Scott Fitzgerald,  Le Waste Land de TS Eliot, Le Soleil se lève aussi d' Ernest Hemingway, Babbitt de Sinclair Lewis, Le Bruit et la Fureur de Faulkner William, Le vieil homme et la mer, d'Hemingway, Tout est calme sur le front occidental d' Erich Maria Remarque

sinclair.jpg.Sinclair Lewis fut photographié par Man Ray en 1926 à Paris, dans le quartier de Montparnasse

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