L'Ermitage, la sublime

Je collaborais quelquefois à l'Ermitage. Remy de Gourmont également. Il y créa dans chaque numéro une Chronique stendhalienne qui fut, je crois bien, la première du genre....
Paul Léautaud - Passe temps

Quand j'ai connu Mazel en 1895, il ne dirigeait déjà plus la revue l'Ermitage, qu'il avait fondée quelques années auparavant et qui tint une place importante dans le mouvement symboliste. L'Ermitage commença à paraître en Avril 1890, presque en même temps que le Mercure de France, la Plume et les Entretiens politiques et littéraires. Les jeunes gens qui fondèrent l'Ermitage, en se partageant les frais d'impression, étaient de simples étudiants. Ils se réunissaient dans une salle aujourd'hui disparue du côté du Jardin des Plantes. La plupart sont devenus magistrats sérieux ou doctes médecins ; aucun d'eux n'est resté dans la littérature, à l'exception d'Henri Mazel, qui donna tout de suite à sa revue une allure sérieuse, en y publiant des articles de critique et de sociologie. Si l'Ermitage eût trouvé des ressources pécuniaires, il eût certainement pris la place que devait occuper le Mercure de France, et Mazel y eût tenu le rôle de maître de chœur, au milieu d'une pléiade de jeunes écrivains qui se sont tous fait un nom dans les Arts, la Philosophie ou la Littérature : Régnier, Germain, Valin Bouyer, Robert Ritter, Soulier, Moréas, Merill, Viélé-Griffin, Herold, Bernard Lazare, Quillard, Pierre Louys, Retté, Dorchain, Lemoyne, Paul Masson, Jules Renard, Béranger, Boylesve, Rebell, Gide, Paul Fort, Des Gâchons, etc.
Antoine Albalat, Souvenirs de la vie littéraire, Crès, 1924

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