Le Cinéma-Vérité de Jean-Luc Godard

Cinéaste controversé, vénéré, détesté, incompris, novateur,
Jean-Luc Godard est une des plus grandes Voix de l'histoire du cinéma français

Jean-Luc Godard est naturalisé suisse quand il commence ses études à Lyon avant de retourner à Paris en 1949 où il obtient une maîtrise en Ethnologie à la Sorbonne. C'est à cette époque qu'il rencontre François Truffaut, Jacques Rivette et Eric Rohmer. Avec les deux derniers, il fonde La gazette du cinéma, puis devient critique à Arts et aux Cahiers du cinéma.

En 1954, il fait ses premiers pas derrière la caméra avec son premier court métrage Operation beton. Il faut attendre 1959, pour qu'il réalise son premier long métrage A bout de souffle, un gros succès critique et public, qui sera le film-phare de la Nouvelle Vague. C'est le début d'une série de films où Godard pense le cinéma en réinventant la forme narrative : Une femme est une femme, Le Petit Soldat (censuré car il abordait ouvertement la Guerre d'Algérie, sujet tabou de l'époque), Les Carabiniers, Le Mépris, Pierrot le Fou, Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution et Masculin-Feminin.

Mai 68 : Godard est un militant actif et son cinéma devient un moyen de lutter contre le système (La Chinoise, Week-End). Il prône un cinéma idéaliste qui permettrait au prolétariat d'obtenir les moyens de production et de diffusion. Il part alors à l'étranger (New York, Canada, Cuba, Italie, Prague) où il commence des films qu'il ne terminera pas ou qu'il refusera de voir diffuser (One American Movie, Communication(s), British Sounds, Lotte in Italia). Les années 70 sont celles de l'expérimentation vidéo : Numero deux, Ici et ailleurs, Jean-Luc six fois deux -sur et sous la communication.

En 1980, il revient à un cinéma plus grand public qui attire des acteurs de renom. Il se retrouve sélectionné au festival de Cannes trois fois : Sauve qui peut la vie (1980, avec Isabelle Huppert et Jacques Dutronc), Passion (1982), Detective (1985 avec Johnny Hallyday) et obtient le Lion d'or au Festival de Venise pour Prénom Carmen (qui révèle Maruschka Detmers). Mais ses films continuent à faire scandale : Je vous salue Marie est censuré en France et dans le monde.

Dans les années 90, Godard fait un retour à l'expérimentation : JLG/JLG, For Ever Mozart, Histoire(s) du cinéma (une vision filmée et personnelle de l'histoire du cinéma) et Eloge de l'amour, présenté sur la Croisette. Le cinéaste y fait son retour trois ans plus tard avec Notre musique, tryptique sur l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis présenté en sélection officielle hors-compétition. C'est la huitième venue de Godard à Cannes.

Au début du 21ème siècle, il apparait dans deux films dans lesquels il joue son propre rôle (Le Fantôme d'Henri Langlois de Jacques Richard (II) et Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard de Alain Fleischer), avant de refaire parler de lui sur la Croisette avec son Film Socialisme, sélectionné dans la section "Un certain regard" 2010.


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On la contemple l’instant d’un plan émouvant, d’une chanson éloquente ou d’un travelling godardien.

On l’aperçoit et on en tombe follement amoureux. De son regard irrésistible en gros plan. Sa spontanéité délicieuse.

Son accent danois si charmant. On sait deux ou trois choses d’elle, pas plus.

Pour la légende, Anna Karina a volé son prénom de star de cinéma à une grande héroïne de la littérature russe.

La Anna de Tolstoï, passionnée, libérée et moderne. Pour vivre sa vie, Anna fera du cinéma mais pas avec n’importe qui.

Avec lui, Jean-Luc Godard, l’enfant terrible de la Nouvelle Vague.

Il sera son âme sœur pour un temps dans la réalité, et pour toujours dans la fiction.


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Jean Luc Godard, Jean Paul Sartre and Simone de Beauvoir at the printing house of the Maoist newspaper, La Cause du Peuple after it is banned by the government (Paris, 1970)

Jean-Luc Godard est sans aucun doute le premier nom qui nous vient à l'esprit quand on pense à la relation entre le cinéma et les évènements de mai 68. Il n'en est pas moins le réalisateur le plus discuté dans l'histoire du cinéma. Il a vécu une rupture radicale avec le monde du cinéma dans lequel il vivait, et rejetant toute relation commerciale pendant quatre ans, il a crée avec Jean-Pierre Gorin et d'autres militants maoïstes le groupe Dziga-Vertov, réalisant des films en 16 mm. La relation entre Godard et mai 1968 ne s'arrête pas aux sujets de ses films, mais comprend aussi la participation au projet de transformation de la société par la volonté de transformer le cinéma. Il a réalisé une rupture avec le cinéma commercial et avec le contenu du cinéma de son époque. 

Godard, comme tous les cinéastes de la Nouvelle Vague, a débuté dans le cinéma en écrivant dans les Cahiers du Cinéma créés par Bazin, et en passant la majeure partie de son temps à visionner des films à la Cinémathèque de Paris créée par Henri Langlois.

Lui aussi, comme la plupart des cinéastes de la Nouvelle Vague, a remis en cause le cinéma, mais il l'a fait à sa manière, en brisant les conventions et les règles mises en place, que ce soit au niveau du scénario, des acteurs et des actrices, de l'utilisation de la lumière, du décor, du maniement de la caméra, du son, etc.

Cette remise en cause ne s'est pas faite que sur un niveau artistique, mais également au niveau politique. Son second long-métrage, Le Petit Soldat (1960), parlant de la Guerre d'Algérie, a été censuré pendant trois années.

Ce qui ressort est aussi confus que la pensée de Godard sur la Guerre d'Algérie. Il dira d'ailleurs qu'il a voulu montrer " un esprit confus dans une situation confuse " et que 80% des Français(es) de l'époque ne savaient pas quoi penser de cette guerre.

Cela a donné un film complexe qui montre les tribulations et les états d'âme d'un homme de main d'extrême droite en proie à la lassitude, et l'attitude des indépendantistes du FLN face à cet homme. L'un des thèmes principaux est à ce titre la torture, celle d'un camp, celle de l'autre camp. Elle est montrée indirectement mais clairement suffisamment pour faire réfléchir. Le cinéma-vérité va jusque là.

Jusqu'en 1967, les films de Godard ne seront donc pas directement politiques, mais remettent en cause la société en traitant de sujets comme la prostitution, la violence…

Jean-Luc Godard dira à ce sujet en 1966 

  J'ai réalisé 13 Films, mais j'ai l'impression que je viens juste d'ouvrir les yeux sur le monde.

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