Ernest Hemingway, infatigable combattant de la liberté

Un personnage occupe le devant de la scène : aficionado, chasseur de fauves, pêcheur au gros, ancien et nouveau combattant de la liberté ; une écriture l’a épousé, immédiate, serrée comme le poing d’un direct. L’énergie virile, ses fantasmes, ses récompenses, son éthique aussi reviennent de façon lancinante dans l’œuvre comme dans la vie. La faille qu’une telle insistance désigne, plus qu’elle ne la cache, finira par s’ouvrir un jour, béante à la bouche d’un fusil : pas assez tôt pourtant pour empêcher Hemingway de témoigner que « nul homme n’est une île », que le héros vrai n’est pas solitaire.

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En 1958, dans une interview au magazine littéraire The Paris Review, l'écrivain américain Ernest Hemingway a admis qu'il réécrivait la fin de son célèbre roman « L'Adieu aux armes » (« A Farewell to Arms ») 39 fois.

Son petit-fils Sean Hemingway avait soigneusement examiné le manuscrit de l'écrivain, et a constaté qu'en fait il y avait plus de terminaisons alternatives – de 47. Certains d'entre eux se composent d'un seul ou deux phrases courtes, l'autre - à partir de quelques paragraphes.
L' économie de mots, tout son style, sa caractéristique.

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Ernest Hemingway est le plus grand représentant de la « génération perdue », expression qu'il utilise dans Le Soleil se lève aussi, inventée par Gertrude Stein pour parler d'Ezra Pound, T.S. Eliot durant la periode de Paris est une fête. Paris est une fête, le plus fameux roman du maître dont je lis une page entière ou un extrait chaque année lors de l'édition du Prix Rive Gauche à Paris, et les verres de Long Island Ice Tea des Collégiens sont levés à sa mémoire ainsi qu'à celle de Fitzgerald..

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J'aime Hemingway car il évoque les grands combats politiques du siècle (comme la guerre d'Espagne), le dépassement de soi ou le goût de l'aventure, de manière journalistique, voire « télégraphique », comme l'a expliqué le traducteur français de ses deux premiers romans, Maurice Edgar Coindreau. Pour Hemingway, l'esthétique implique avant tout une éthique et non une métaphysique (comme l'écrivait Sartre sur Faulkner). Son œuvre est couronnée par le prix Nobel de littérature le 28 octobre 1954 « pour le style puissant et nouveau par lequel il maîtrise l'art de la narration moderne, comme vient de le prouver Le Vieil Homme et la Mer ». Fidèle à lui même, il donnera à Stockholm, devant le jury de l'Académie suédoise, le discours le plus court de l'histoire de cette institution.

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