Entre aristocratie et people, la vie rêvée de la Café Society

La Café Society, c’est le «dernier moment dans l’histoire du goût où l’aristocratie joue un rôle déterminant», la «dernière époque où l’argent est fait pour être dépensé sans esprit de retour sur investissement, juste pour le plaisir ou par amour de l’Art»

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Anticonformiste et peuplée de personnalités baroques, cette société, qui réunit toute la Jet-set des années 20 et 30, a fait briller les talents les plus originaux du siècle précédent, de la poétesse Edith Sitwell, aux danseurs des Ballets russes, du couturier Elsa Schiaparelli au musicien Cole Porter".  La Café Society, entre 1920 et 1960, aura marqué la transition entre l'aristocratie et le people. Lorsqu'on donnait un bal, le décor était peint par Picasso ou Derain, la musique composée par Francis Poulenc, Jean Cocteau écrivait un petit texte de présentation, les costumes étaient dessinés par le couple Hugo ou par Christian Bérard et fabriqués par Chanel dans ses ateliers. C'était une société composite. Il y circulait encore quelques nobles, les de Noailles, les Beaumont, ou Nathalie Paley, princesse Romanov, mais on voyait poindre des milliardaires américaines aux allures fatiguées, Mona Bismarck, Daisy Fellowes, Barbara Hutton, des femmes éclairées, Denise Bourdet, des mécènes raffinés, Alexis de Rédé, Charles de Beistegui, Paul-Louis Weiller, des parasites séducteurs, Porfirio Rubirosa, Raymundo de Larrain, mais surtout, de nombreux créateurs. Olivier Messel pour les décorations, Cristobal Balenciaga pour la mode, Horst P. Horst pour la photo,
Cole Porter pour la musique, Boris Kochno ou l'extravagante et cruelle Tilly Losch pour la danse apportèrent à tout ce luxe beaucoup de grâce et de liberté


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"De bals en croisières, de fêtes extravagantes, données dans l'écrin précieux d'hôtels particuliers parisiens ou dans de féeriques palais vénitiens, le petit monde de la Café Society a mêlé aristocrates, milliardaires, peintres, grands couturiers, chorégraphes et musiciens. Mondaine, frivole, extravagante, souvent exclusive, cette société cosmopolite a multiplié les commandes aux plus grands créateurs du XXe siècle. Villas et yachts décorés par d'audacieux décorateurs, séances d'essayages chez de jeunes créateurs en mode et joaillerie, soirées mondaines saisies par de célèbres photographes de mode, tel Cecil Beaton : les membres de la Café Society ont donné naissance à un mode de vie sophistiqué, original, parfois même avant-gardiste, en mêlant un grand sens de la fantaisie à une élégance racée."

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1965

Un beau jeune homme qui semble fêté par les dieux, fils du grand peintre Balthus, entreprend son journal. Thadée de Rola est plein de l'envie d'écrire. Il admire les écrivains, notamment Georges Bataille, à une édition des ouvres de qui on le verra ici travailler, et il aime aussi ce que l'on appelle la fête. Pour lui, deux faces d'une même rêverie. Et le voici avec ceux que le monde entier reconnaîtra pour les heureux d'une génération, à commencer par le jeune Yves Saint Laurent, mais encore Andy Warhol, Karl Lagerfeld, Mick Jagger et quantité d'autres dont l'existence tient parfois au surnom, comme dans toutes "les petites bandes".
Et si dans Proust il y avait un Mimi, il y a ici un Marceau, un Marceau babilleur, potinier, qui transporte les secrets de Paris sur son scooter.
Il y a les dîners et les fêtes, il y a des visites incomparables à Rome (et à Balthus), il y a la conversation éblouissante de celui-ci et le charme incomparable de celle-là. Car, ah oui, il y a l'amour.
Durant toute cette période (le journal dure jusqu'en 1977), Thadée de Rola, qui vit avec Baba, devient amoureux d'une autre.

Peu à peu, comme dans une valse lente, il va se rapprocher de Loulou de La Falaise, qui deviendra la célèbre égérie d'Yves Saint Laurent. Paris n'est pas qu'une fête. Entre dîners et soirées, le jeune Thadée rêve à des romans, souffre du temps qui s'écoule. Ce qui pourrait n'être qu'un registre de mondanités s'ocelle de notations poétiques, de fragments, de fantasmes.

A différer l'oeuvre qu'il voulait écrire, Thadée de Rola l'a invitée dans ses carnets.


Vie rêvée ou la découverte d'un monde de rêve

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