De la foi à la chair, les conflits de Mauriac

Je dédie ce billet à mon ami Antoine Gavory, journaliste et écrivain.

Elevé dans une famille de la bourgeoisie catholique, François Mauriac n'a pas voulu être un romancier catholique mais un catholique qui écrit des romans. Lecteur de Baudelaire, Mauriac a développé dans la plupart de ses romans le thème du conflit entre la foi et la chair. Lauréat du prix Nobel de Littérature (1952), François Mauriac s'est écarté des romans à thèse et s'est beaucoup intéressé à l'analyse profonde de l'âme de l'homme avec toutes ses contradictions. L'univers mauriacien est un univers clos, c'est le milieu bourgeois catholique qui est souvent mis en scène, c'est sa vie intérieure et c'est sa personnalité qu'on peut déceler de ses œuvres dont: Thérèse Desqueyroux, le Baiser au Lépreux, Génitrix et le Désert de l'Amour. Ce dernier lui a valu le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1926.


mauriac.pngMauriac, un adolescent....d'autrefois

Chez Mauriac, la passion est, non seulement, un objet d'étude psychologique mais encore la manifestation du mystère du péché.
Mauriac, dans ses oeuvres, a présenté l'homme avec ses contradictions et avec ses remous.

Le monde, qu'il décrit plein de concupiscence, est entouré par la Grâce - l'Amour divin -. L'amour divin se trouve partout dans le monde plein de plaisir terrestre. Mauriac précise que Dieu est prêt à venir en notre aide. Non seulement il aide les pieux mais encore les pêcheurs. Il voit que le péché appelle la grâce. De même, il explique que la grâce se cache dans la présence du péché mais aux pires moments, elle surgit. On peut trouver donc au foyer de l'oeuvre mauriacienne une théologie du péché. L'oeuvre de Mauriac baigne dans une ambiance religieuse catholique. Pour parvenir à l'amour divin, pour chercher notre salut, il faut donc aimer non un amour concupiscent mais un amour, traduit par l'amour de l'autre, par le fait de rendre le bonheur aux autres, et de sacrifier notre passion et notre plaisir en faveur d'un but suprême: Dieu.

"Le Désert de l'Amour" occupe une place importante dans la production littéraire de Mauriac parce qu'il dévoile l'angoisse, l'inquiétude et le malheur de l'homme sans Dieu. Cette œuvre présente une peinture du drame humain provoqué par la cruauté de la passion. Elle révèle son influence sur chaque catégorie d'âge: l'adolescent et le vieil. Elle dissèque profondément la psychologie de la femme. L'amour est donc le point commun qui réunit les trois protagonistes, il est le cercle vicieux dans lequel ils tournent. La famille Courrèges réunissait le docteur Courrèges, Lucie, sa femme, Raymond, son fils et Madeleine, sa fille. Toutefois, cette famille est désunie bien que ses membres vivent sous le même toit:

francois-mauriac.jpg
Nos proches sont ceux que nous ignorons le plus…nous arrivons à ne plus même voir ce qui nous entoure.
Il existe, dans ce roman, un personnage principal autour duquel se noue l'intrigue: Maria Cross qui est la source de la rivalité amoureuse entre le père et le fils. Cette passion est due à l'incommunicabilité des membres de la même famille, à la déception de la vie conjugale et à l'absence de Dieu.

Le 6 novembre 1952, la grande Académie suédoise des prix Nobel
  lui décerne celui de la littérature.
Son nom s’inscrit à la suite d’illustres Français tels que Romain Rolland, Anatole France, Henri Bergson, André Gide.

francois-mauriac.png
Plusieurs noms étaient en lice pour recevoir le fameux prix, on évoquait entre autres Churchill, Saint-Linbeck, Moravia, Graham Greene puis la compétition s’est recentrée sur Mauriac et Greene, confie à Jean Prasteau, journaliste de «Sud Ouest», que ce prix Nobel est la consécration de l’universalité d’une oeuvre et qu’il manifeste sa reconnaissance aux deux instruments de cette universalité, ses traducteurs en anglais : G.A. Hapkins et Graham Greene, qui par une étrange coïncidence, fut son rival le plus redoutable dans les débats de l’Académie. Il déclare aussi : « On va dire à propos de moi : “C’est la France qui gagne”. Il est extrêmement émouvant pour un homme, ne fût-ce qu’à l’occasion d’un prix littéraire, d’incarner, si indigne qu’il soit, sa patrie. »

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